Ouest France & SeRencontrer.com - 13 Février 2010 Imprimer

La fête des couples drague les célibataires

À la Saint-Valentin, les pros du marketing visent désormais les coeurs solitaires. En France, on estime à quinze millions le nombre de personnes vivant seules. Un sacré marché. 

L'origine de la Saint-Valentin est mal connue. On suppose que la fête remonterait aux Lupercales, culte de purification et de fertilité de la Rome antique célébré à la mi-février. À cette occasion, les jeunes gens se déclaraient et choisissaient leur partenaire. Mais au XXI e siècle, la Saint-Valentin agace ou amuse les célibataires : « Quelle blague ! Même quand je suis en couple, je ne la fête pas, déclare Corentin, 21 ans.

L'important dans les relations amoureuses, c'est la spontanéité. Avoir une attention particulière à une date donnée, c'est grégaire, pas naturel. » Un sondage commandé par le site SeRencontrer. com indique que la Saint-Valentin est effectivement perçue, par 42 % des célibataires français, comme un événement purement commercial (1)

De son côté, le site PastaParty. com aspire à créer, le 14 février, l'événement « Sans- Valentin » : les célib's sont invités à porter un couvre-chef pour se signaler aux autres. . .

Même Arte s'y met : la chaîne va diffuser, au début de mars, la série Les invincibles , l'histoire de quatre potes qui décident, tous ensemble, de rompre avec leurs copines. « Sans-Valentin » Pour accompagner le lancement et créer le buzz, la chaîne publie, ces jours-ci, un ouvrage très « second degré », intitulé En finir avec le couple : la méthode miracle Les « solos », comme on les appelle désormais, seront-ils sensibles à ces attentions ? « Bof... vouloir faire de la Saint-Valentin une espèce de foire aux célibataires, c'est aussi nul que la fête des amoureux », tranche, péremptoire, Alice, jeune trentenaire. Christophe, 44 ans, est plus mitigé : « Bah, pourquoi pas ? Ça pourrait être drôle d'aller voir comment ça se passe, une soirée Saint-Valentin spéciale célib... »

Mais qu'on décrète la Saint-Valentin fête des amoureux ou fête des célibataires, le marketing autour de cet événement stigmatise tout de même les hommes et femmes qui vivent seuls. Reflet de notre société : le célibat, choisi ou non, est encore perçu de façon plutôt négative. « Être célibataire, ça n'est pas du tout dramatique, remarque Alice. Mais pour ceux qui souffrent d'être seuls, le 14 février accentue encore la pression sociale, parfois très pesante.»

(1>Sondage Internet Toluna QuickSurveys , réalisé les 21 et 22 décembre 2009, auprès de 435 célibataires des deux sexes.